Saison de concours 2020 ou «saison de confinement»

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Nicolas Baele et Duchesse de Lalande à la remise des prix du CIR 2019 à Saint-Lô. ©Marion Lestelle/ONP

Voilà un mois que les mesures de confinement pour freiner la propagation du coronavirus sont appliquées et mettant fin à la saison de concours à peine commencée. Ce lundi de Pâques, le président de la République a annoncé le prolongement d’un confinement « le plus strict » jusqu’au 11 mai, date à laquelle une reprise de l’activité pourrait reprendre progressivement.

Les organisateurs d’événements en attente des annonces du chef de l’État pour savoir si leurs manifestations peuvent se tenir, la sanction tombe : les autres événements rassemblant de grandes foules ne pourront se tenir « avant la mi-juillet  ».

D’autres annonces devraient être présentées dans les prochains jours afin de donner les « détails d’organisation de notre vie quotidienne », puis « la situation sera collectivement évaluée à partir de mi-mai, chaque semaine, pour adapter les choses et vous donner de la visibilité ».

La Fédération française d’équitation a pris le temps de la réflection, mais face à l’ampleur de la crise sanitaire les championnats de France Ponam (du 4 au 12 juillet) et Club (du 18 au 26 juillet) à Lamotte-Beuvron sont annulés et ne seront pas reportés.

> Communiqué de la Fédération française d’équitation

Maintien, report ou annulation du Sologn Pony 2020 ?

Yves Chauvin, le président de la Société hippique française -en charge des circuit de valorisation des jeunes chevaux et poneys-, se dit très inquiet et craint les « conséquences terribles pour l’avenir » dans une interview pour le magazine Le Cheval. Plusieurs scénarios sont envisagés quant aux finales d’élevage, selon la date de reprises des concours, certaines pouvant se tenir, mais encore faut-il pouvoir tenir un circuit de qualification.

Plus la période de confinement s’allonge et plus la saison de concours se réduit, la Grande Semaine Poney se tenant du 19 au 22 août à Lamotte-Beuvron. Une saison de valorisation de l’équidé n’est pas la même entre une saison débutant fin mars et se terminant en août, avec une progression du circuit sur cinq mois de concours, qu’une saison de deux mois.

« Le circuit sera de toute manière réduit, très certainement organisé d’une autre manière. L’idée est avant tout de proposer aux chevaux des épreuves qui leur permettent de se former. […] Nous espérons pouvoir organiser les Grandes Semaines, toujours en s’adaptant aux exigences sanitaires de la situation et en décalant les dates », déclare Yves Chauvin dans L’Éperon bien conscient qu’une année blanche serait catastrophique pour le commerce.

Quant au maintien de l’édition 2020 du Sologn Pony, un communiqué de l’ANPFS qui organise également ses finales nationales précise, ce mercredi 15 avril : « À ce jour aucune décision n’a été prise. L’équipe organisatrice étudie les différents scénarios et leurs conséquences afin de décider d’une solution la plus profitable pour tous, en accord avec tous différents acteurs. »

Du côté des cavaliers et des éleveurs

Jennifer Pardanaud et Djungle Speed à la finale des 6 ans lors du Sologn Pony 2020. ©Marion Lestelle/ONP

Les poneys au travail, depuis le début d’année pour la plupart, chez les cavaliers professionnels sont prêts, mais avec la prolongation du confinement certains vont retourner chez leur propriétaire en attendant la reprise des concours ou au champ et ne feront pas de concours cette année.

Installé au Pôle hippique de Saint-Lô, le travail quotidien de Mathieu Laisney n’a pas vraiment changé depuis le début du confinement, mis à part l’absence de concours. Il pense que si Sologn Pony est maintenu à la date initiale, il faudra adapter les parcours à la finale en fonction de la date de reprise des classiques.

Pour Jennifer Pardanaud, tenant une écurie de concours et de pré-entraînement de Pur Sang dans l’Orne, le travail continue aussi comme avant, mais a peur que ce soit une année blanche. Elle ne serait pas contre un report de la finale classique poney.

« Si les concours reprennent, décaler le Sologn Pony, oui pourquoi pas. Peut-être fin septembre, ça resterait encore des conditions raisonnables. D’abord pour pouvoir vivre dans des camions comme on le fait tous, sur le terrain de concours, d’avoir des poneys dans des locabox, les accès ne seront pas encore trop détrempés. Voilà peut-être l’idée si jamais ça reprenait au mois de juin. Ça fait juin, juillet, août, mi-septembre encore, pour des concours possibles. Et puis aussi ce qui est compliqué, c’est par rapport aux gamins qui auront repris l’école. Cette année, j’avais deux bons 7 ans, qui sont prêts et qui ne feront pas la finale. Pour la vente des poneys, c’est vraiment galère. »

Une saison sans valorisation est un problème majeur pour la vente des équidés et aura certainement des répercussions sur plusieurs années. Pour Marie-Christine Lestelle de l’Élevage du Buhot :

« C’est surtout préjudiciable pour les 6 ans et les 7 ans. C’est à l’âge de 6 ans que l’on vend le mieux les poneys, ils ont assez d’expérience pour être monter correctement par des enfants, et c’est aussi à cet âge que l’on peut faire une plus value. Pour les bons 7 ans, faire une bonne finale est un gros plus pour la vente, on peut justifier le prix du poney, ce sont des poneys qui feront grand prix la saison suivante. Si il n’y a pas ni championnat Ponam ni Sologn Pony, la valorisation n’est plus la même. Ce qui inquiète aussi, c’est la crise financière qui risque de suivre l’après confinement aussi bien en France qu’à l’étranger. »

L’annulation du Sologn Pony serait une « catastrophe économique » pour Ludovic Burnouf de l’élevage de Lalande, qui emmène chaque année des poneys faisant les finales PFS, SHF et la Tournée des As. Le Sologn Pony, rendez-vous incontournable des professionnels poneys, est l’occasion de faire rencontrer les éleveurs et les acheteurs potentiels venant des coins de la France et même de l’étranger. La manifestation offre une très belle vitrine aux poneys, de nombreux essais sont réalisés pendant les quatre jours de compétition et des transactions conclues.

L’ONP se prépare à la reprise des concours

En 2019, plus de 230 poneys ont été présentés aux concours locaux de Saint-Lô et du Pin. ©Marion Lestelle/ONP

Alors que six week-end de concours de l’ONP ont déjà été annulés, l’association reste en contact avec les Pôles de Saint-Lô, du Pin et la SHF pour réorganiser la saison dès qu’elle pourra reprendre, mais est toujours en attente de la date de reprise des manifestations, comme le souligne Valérie Mauger, présidente de l’association :

« Il est encore un peu tôt pour savoir quand et comment les concours pourront reprendre, mais nous devons être prêts. La mission de l’ONP est de vous donner la possibilité de reprendre au plus vite et au mieux le chemin des concours et de reporter ceux qui n’ont pas eu lieu, bien évidemment en fonction de l’évolution de la pandémie et des annonces du président de la République et de son gouvernement. L’ONP travaille actuellement dans ce sens avec le Pôle hippique de Saint-Lô, du Haras du Pin et la SHF. »

Calendrier prévisionnel – dates qui ont été proposées par les Pôles de Saint-Lô et du Pin pour un report des concours :
13-14 juin Local de Saint-Lô (si reprise des rassemblements vers le 15 mai ou reporté en août)
20-21 juin SHF Saint-Lô
4-5 juillet SHF Saint-Lô
4-5 juillet Local du Pin
11-12 juillet SHF Le Pin
18-19 juillet SHF Le Pin
25-26 juillet SHF Saint-Lô
22-23 août SHF Le Pin (si report du Sologn Pony)

L’ONP pense aussi aux problèmes sanitaires que pose la lutte contre la propagation du virus. Elle prendra les dispositions imposées par les instances sanitaires pour protéger au mieux les personnes.

Avec cette épidémie de Covid-19, rien n’est prévisible à long terme. Rien ne dit si les manifestations reportées à cet automne pourront réellement se tenir…

#restezchezvous

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